EDITORIAL

 

Au commencement, l'Abbé Trochu fonda « Ouest-éclair », journal qui collabora notoirement avec le gouvernement pétainiste de Vichy et est aujourd'hui devenu « Ouest France ». En 1996, son directeur de publication, F.R. Hutin, est invité par le pape J.P. 2 à s'assoir à sa droite, lors de sa visite en Bretagne. Sous ce simple éclairage, on comprend que cette presse toujours profondément pétainiste ne peut si elle demeure cohérente diffuser les idées rationalistes, ni les idées antifascistes et antiautoritaires des anarchistes ! C'est pour-quoi nous vous présen-tons dans ce journal intitulé «Censuré par Ouest-France » des articles ou communiqués des anarchistes (ou d'autres victimes de la censure.) qui ont effectivement été cen-surés, tronqués (avec perte de sens politique) par le descendant d'Ouest Eclair, ou qui compensent certains mensonges éhontés de ce « journal ». Cette initiative est d'autant plus nécessaire que Ouest France, au moins en Ille & Vilaine, est en situation de propagande quasi-mono-polistique : les idées libertaires ne seront diffusées que par d'autres canaux comme celui dont nous prenons ici l'initiative.

Fédération Anarchiste, Groupe La Commune  http://www.fa-rennes.fr.st/

 

ELECTIONS PESTILENTIELLES

Le 6 mai 2002, « Ouest France » écrivait : « Incident. Vers 23 h un groupe d 'une quarantaine d'anarchistes s'est rendu à la maison de quartier de La Touche à Rennes où le RPR fêtait la victoire de Jacques Chirac. Ils ont tenté de rentrer en criant « Chirac en prison » et se sont heurtés aux militants gaullistes qui ont été bousculés. Les chiraquiens ont alors entonné la Marseillaise. La police est intervenue pour mettre fin à l' incident ». Voici un communiqué qui n'est jamais passé dans Ouest Rance : Ce dimanche soir, à Rennes, 400 personnes rassemblées sur la place de la mairie ont rappelé les responsabilités des Chirac et Jospin dans le choix antidémocratique de cette élection... Environ 150 personnes se sont ensuite rendues à la Maison de Quartier de La Touche où le RPR avait l'indécence de fêter au champagne et petits-fours la victoire de son candidat : aux cris de "Chirac en prison", "Chirac a assassiné Malik Oussékine" ou "20 ans de politique antisociale, c'est 20 pour cent pour le front national", les manifestants ont tenu à rappeler aux dirigeants politiques et à leurs soutiens bourgeois (légèrement chahutés à l'occasion) leurs responsabilités dans la misère, la précarité, et donc dans la montée du fascisme. Puis les manifestants ont repris leur route devant l'impressionnant déploiement de forces policières (plusieurs cars de matraqueurs assermentés) qui est arrivé plus tard : "Chirac "La matraque" is back" ! A peine deux heures après son élection. Le vote "Front Républicain" ne suffira aux yeux de personne à légitimer les décisions antisociales que ne manquera pas de prendre ou laisser prendre le président de  cette république, c'est pourquoi le groupe La Commune de la Fédération Anarchiste apporte son soutien à toute initiative anticapitaliste et du mouvement social qui montrera, comme ce soir, aux politiciens que le terrain est aujourd'hui moins libre qu'hier pour leurs mensonges et leurs privilèges, pour leurs complicité avec le patronat dans la régression sociale que nous subissons depuis 20 ans.

 

Groupe La Commune de la Fédération Anarchiste.

 

ELECTIONS LEGISLATIVES Communiqué non relayé par O.F...

La Fédération anarchiste ne peut se féliciter de la victoire de la "droite", tout comme elle n'aurait pu se réjouir de celle de la "gauche" ou de qui que ce soit de plus fasciste. Nous rappelons que le principe de la démocratie représentative est d'abandonner sa voix et son pouvoir au profit de politiciens. A cet égard, rien n'a changé : malgré les taux d'abstention records, malgré le pathétique second tour des présidentielles (les politiques antisociales de droite comme de gauche et l'impunité des élus en sont la cause principale), les élections passent et les problèmes restent, les politiques et leurs partis continuent à servir la même soupe à ceux "d'en bas" (Premier sinistre) pendant que les élus et leurs amis les patrons s'empiffrent sur notre dos, se font conduire par un chauffeur, et restent impunis de leurs forfaitures pourtant connues de tous ! Et ils osent s'indigner du taux d'abstention ! Près de 40 % des personnes qui pourraient voter ont choisi une fois de plus de ne pas le faire : medias et politiques s'en disent outrés, sans jamais l'expliquer clairement pour les uns, sans jamais se remettre en question pour les autres. Cela suffit ! A gauche ou à droite, plus personne ne remet en cause une société fondée sur les inégalités économiques et sociales : tous défendent le droit d'opprimer et d'exploiter autrui. Nous n'avons rien à attendre d'eux. A coups de privatisations, de casses du service public, de

lois sécuritaires, les gouvernements successifs sont responsables et coupables. Qu'ils ne comptent pas sur le mouvement social pour les sortir du gouffre. Depuis des années, la social-démocratie et l'extrême-gauche parlementaire ont toujours muselé les mouvements sociaux en présentant comme seul débouché possible aux luttes, l'échéance électorale. Aujourd'hui, l'échec de cette stratégie attentiste est patent. Il faut sortir de l'impasse : pied à pied, dans les luttes sociales, dans tous les lieux et espaces, et au quotidien, nous devons développer collectivement des alternatives au capitalisme, au nationalisme, à la xénophobie, à l'Etat et au patriarcat et proposer un autre projet de société. Ce projet devra remplacer l'exploitation de tous par la gestion directe de la production et de la distribution des richesses, par et pour la population. Ce projet, au lieu de confier la gestion des intérêts de la population à une minorité de privilégié-e-s, devra structurer l'intervention directe de chacun-e dans les décisions le/la concernant. Il est de la responsabilité de chacun-e de le faire vivre partout. Partout, affirmons notre présence. Occupons le terrain, soyons actifs, manifestons. Avec toutes celles et ceux qui aspirent à une autre société, construisons une alternative sociale, d'émancipation, de liberté et de justice.

 

Fédération anarchiste (France et Belgique) Secrétariat aux relations extérieures 145, rue amelot 75011 Paris relations-exterieures@federation-anarchiste.org

 

COURRIERS DES LECTEURS Non diffusés par O.F.

APRES LES PRESIDENTIELLES Pourquoi la solidarité ne se manifeste-t-elle aussi massivement que lorsqu' une situation grave a endeuillé une région ? Pourquoi la révolte ne survient-elle que lorsque la misère est devenue insupportable ? Pourquoi faut-il l'imminence d'un gouvernement d'extrême-droite pour qu'une population crie aussi fort son indignation ? L'enthousiasme, voire le délire, ne doit pourtant pas masquer l'essentiel. Tout d'abord, sur le plan institutionnel, c'est la gauche qui a offert un tremplin à Le Pen. C'est elle qui, pour tenter de conserver le pouvoir, a modifié le mode de scrutin en 1986, permettant au FN, grâce à la proportionnelle, de siéger à l' assemblée nationale. Faut il rappeler les propos de M. Bérégovoy, ancien ministre PS : « On a tout intérêt à pousser le FN. Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort et plus on sera imbattables. C'est la chance historique des socialistes ». Lamentable gauche brûlée à son propre feu ! Ensuite, sur le plan social, c'est l'incapacité de la classe politique (gauche et droite confondues) à résoudre la (pseudo) crise économique, à contrer les politiques libérales de déréglementation, à casser les logiques d'exclusion, qui a enrichi le terreau sur lequel le FN a pu prospérer : mal-être, frustrations, désespoir, dépolitisation, recul du mouvement syndical. Ce sont le développement de la corruption et la multiplication des « affaires » qui ont motivé un refus global. C'est le désarroi qui en résulte qui jette une partie plus vulnérable de l'électorat dans les bras du plus habile démagogue, qui suscite la  demande d'un chef, d'un sauveur, d'un « rédempteur ». Ces fossoyeurs du progrès social sont aujourd'hui mal placés pour donner des leçons de démocratie aux abstentionnistes (du moins à ceux qui agissent), lesquels n'ont pas à gérer le chaos de 20 ans d'alternance et de cohabitations. Enfin, et surtout, si une leçon doit être tirée, c'est que la distance entre une prétendue démocratie et un totalitarisme n'est pas si grande qu'elle paraît.

C'est que les droits et les libertés se conquièrent toujours de haute lutte. C'est que le combat pour la dignité est un combat quotidien : tout progrès humain sera toujours provisoire. sauf si la volonté de le défendre devient définitive. Il reste aux militants d'un jour ou d'une campagne, aux citoyens-consommateurs, à la grande masse des non-syndiqués à s'en convaincre. Sinon, dans un même système, les mêmes causes continueront à produire les mêmes effets. Et la dictature des marchés, permise par le désert idéologique, n'aura même pas besoin d'un Le Pen  pour créer l' irréversible.

 

AGRICULTURE- ECOLOGIE (Février 2002) Souhaitant réagir à un récent éditorial, je vous serait reconnaissant de bien vouloir faire paraître le texte suivant dans votre « courrier des lecteurs ». Selon Didier Pillet, la signature du plan pour un développement pérennes de l'agriculture et de l'agroalimentaire et pour la reconquête de la qualité de l'eau en bretagne est une grande victoire. Ce point de vue relève non seulement d'un optimisme dangeureux mais de la manipulation d' opinion : il tend à faire croire qu'un modèle breton pourrait s'extraire de la mondialisation. C'est d'abord oublier le lourde responsabilité de ceux qui, il y a un demi-siècle, ont accepté les exigences du capitalisme : 200 à 300 000 exploitations vers 2010 (contre 2 300 000 en 1950). Non, les dirigeants politiques, les experts et la FNSEA n'ont pas commis d'erreur, mais des fautes graves, car ils connaissaient pertinemment le prix humain, social et environnemental à payer pour l'enrichissement d'un petit nombre (plan Mansholt de 1968, rapport Verdel de 1969). C'est ensuite méconnaître ou feindre d'ignorer que la dynamique du capitalisme ne peut que poursuivre le même mouvement d'accumulation du capital, en totale contradiction avec la notion de développement durable. Alors que les fusions et acquisitions accélèrent le monopole dans les domaines de la chimie, de la pharmacie et des semences, mettent en cause le droit des populations à se nourrir elles-mêmes, accélérant l'asservissement de la paysannerie mondiale et portant atteinte à la biodiversité, alors que la prime au maïs se perpétue, alors que, par la brevetabilité du vivant, les biotechnologies permettent à des multinationales de faire main basse sur des millénaires de connaissances indigènes pour commercialiser ensuite ces ressources au prix fort, alors que la modulation des aides ne porte que sur des sommes dérisoires et n'empêche pas une concentration foncière accrue, alors que les gouvernements font clairement le choix de soutenir l'agriculture raisonnée tenue par les grandes firmes chimiques, alors que la grande distribution capitaliste absorbe de plus en plus la production biologique, il faudrait croire que l' agriculture bretonne va changer de cap ? Non ! Il ne s'agit pour les responsables que de relooker une vitrine, de soigner une image. Tant que le capitalisme subsistera, 30 000 exploitations agricoles continueront à disparaître chaque année en France ; aucun changement réel ne sera possible.

 

 

 

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